Tikpi Atchadam

Tikpi Atchadam (Image d’archives) est devenu la bête noire du régime de Faure Gnassingbé.

L’opposition politique togolaise a lancé ce mercredi ses 2 journées de manifestions contre le régime du président Faure Gnassingbé. Annoncé pour les 30 et 31 août 2017,  ce mouvement avait été reporté par les organisateurs en raison des pressions des autorités. Celles-ci, ébranlées par la première manche de cette mobilisation record (19 et 20 Août 2017) qu’elles avaient dû endiguer par une répression sanglante (2 tués), redoutaient à raison la seconde et attendaient l’interdire.

Il n’empêche ! L’opposition politique  a remis le couvert ce mercredi. Et cette fois, ce ne fut plus à l’appel du seul Tikpi Atchadam du Parti national panafricain (PNP). Il a été rejoint par tout ce que le Togo compte figures de l’opposition à Faure Gnassingbé : Jean-Pierre Fabre de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), Me Yawovi Agboyibo du Comité d’action pour le renouveau  (CAR) et bien d’autres. Tous ont participé en personne à ces marches.

Résultat, cette deuxième vague de manifestations a été encore plus massive que la première qui avait pourtant battu des records de mobilisation.  La hantise de la répression,  automatique à chaque sortie de l’opposition, n’a pas réussi à intimider les manifestants. Le brouillage d’Internet dès la veille pour empêcher les organisateurs de mobiliser à travers les réseaux sociaux, n’a pas non plus suffi. Le mouvement a été massivement suivi dans de nombreuses villes du pays.

Il faut rappeler que présentée comme impuissante face au régime de Faure Gnassingbé, l’opposition politique togolaise semblait s’être résignée. Mais la décision de l’ex-leader estudiantin, Tikpi Atchadam, de reprendre les choses en main, a sonné son réveil brutal qui a surpris et ébranlé le pouvoir. A la tête de sa formation politique (PNP) née seulement en 2014,  il a décidé de mobiliser autour du thème très mobilisateur  du retour à la Constitution de 1992 qui limitait le mandat présidentiel à deux (2). Celui qui s’affirme désormais comme le nouveau champion de l’opposition togolaise en attendant les élections législatives et municipales, professe vouloir évincer « la dynastie Gnassingbé » de la tête du Togo.

 

John G. Gogouahi