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Il y aura un nouveau face-à-face électoral entre Uhuru Kenyatta et Raila Odingo.

L’abnégation de Raila Odinga aura fini par payer. Annoncé comme défait par le Président sortant, Uhuru Kenyatta, lors de l’élection présidentielle du 11 août 2017 (54,27% contre 44,74%), l’opposant historique kenyan a vu sa requête en annulation de ce scrutin être validée par la Cour Suprême de ce vendredi 1er septembre 2017.

Suite à sa énième défaite à cette élection présidentielle, Raila Odinga avait crié à la fraude. Mais, il n’avait guère été suivi par la communauté internationale. Redoutant la résurgence des graves violences électorales de 2009 (1 300 morts), celle-ci avait plus choisi de se résigner à la victoire proclamée du président Uhuru Kenyatta par la Commission électorale indépendante. Toutes les voix qui avaient autorité ou audience, y compris le chef de l’Etat lui-même, avait demandé au leader de l’opposition d’éviter les mouvements de rue et de s’en remettre à la justice. Une recommandation qu’il avait faite sienne, assurément à son corps défendant.

Et pourtant, bien lui en aura pris ! Puisque ce vendredi, après plusieurs jours des pesantes délibérations, la Cour Suprême du Kenya, chargée de trancher ce contentieux, l’a suivi dans ses accusations de fraude lors dudit scrutin. Lisant l’arrêt, le juge David Maraga, président de cette haute juridiction, a estimé le candidat Uhuru Kenyatta « n’a pas été élu et déclaré président de manière valide ». Avant d’ordonner la reprise de l’élection présidentielle sous le délai constitutionnel de 60 jours.

Odinga aux anges, Kenyatta sonné

Inutile de dire que Raila Odinga était ivre de joie à la lecture de cet arrêt lui donnant raison. « C’est un jour historique pour le peuple kenyan et le peuple africain. Pour la première fois dans l’histoire de la démocratie africaine, une cour a annulé une élection présidentielle», a-t-il lâché dans son élan. Idem pour ses partisans massés devant le siège de la juridiction suprême dans un face-à-face pesant avec l’important dispositif de sécurité policier.

A l’inverse, le Président Uhuru Kenyatta, lui, est apparu à la télévision nationale la mine défaite. Résigné, il a adressé un discours d’apaisement et d’union à la nation. « Nos voisins resteront nos voisins, quoi qu’il arrive. Soyons des gens de paix », a-t-il plaidé. Avant, il a dit « ne pas être d’accord avec la décision aujourd’hui de la Cour suprême, mais la respecter ». Et de se dire déjà prêt à se lancer dans la nouvelle bataille électorale qui s’annonce.

John G. Gogouahi