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M. Sansan Kambilé, Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme de Côte d’Ivoire.

Il faut définitivement croire que la mutation des fonctionnaires est une excellente chose pour la bonne marche de l’administration. Car, à les laisser s’éterniser à certains postes, ils finissent par en faire une gestion patrimoniale.

C’est assurément la conviction que l’on ne peut qu’avoir après la découverte que viennent de faire récemment les services du Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme en Côte d’Ivoire.

Selon ceux-ci, à la faveur de la prise de fonction d’Aly Yéo, le désormais président de la Cour d’appel d’Abidjan, ce sont 1 097 dossiers non traités et 56 autres qui n’ont même pas fait l’objet de la moindre consultation, qui ont été mis à nu au Greffe de cette juridiction. Une découverte qui fait scandale tant au niveau de la chancellerie que dans l’opinion.

En Côte d’Ivoire, l’on est choqué à la fois par le nombre surréaliste de ces dossiers et l’état de stagnation dans lequel est plongé leur traitement. Une situation qui donne le net sentiment que les responsables  de cette juridiction laissaient ces dossiers s’accumuler sciemment pour des raisons qu’eux seuls savent. Les justiciables ivoiriens, eux, confrontés aux rejets perpétuels de leurs dossiers d’audience en audience par  la Cour d’appel d’Abidjan, en repartaient à chaque fois avec le sentiment que cette juridiction était à l’arrêt. Elle faisait l’objet de vives critiques depuis de longues années pour ces inexplicables lenteurs.

Aussi curieux que cela puisse paraître, l’ancienne présidente de la Cour d’appel d’Abidjan, madame Alice Allah Kouadio, pointée du doigt dans ce scandale a été… promue à la Cour Suprême.

John G. Gogouahi