salif diallo

Salifou Diallo (président de l’Assemblée nationale du Faso) s’en est allé.

Le président de l’Assemblée nationale du Burkina Faso, Salifou Diallo, est décédé ce 19 août 2017 en France où il se trouvait pour des soins.

 Les rumeurs de cette triste nouvelle couraient déjà tard hier. Avant que le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement du Faso, Remis Fulgance Dandjinou, ne la confirme ce jour par un communiqué au nom du Président de la République.

 Président de l’Assemblée nationale,  Salifou Diallo était également le président du parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP).

 Avec lui s’éteint l’une des figures de proue de la politique burkinabè de ces trente (30) dernières années. D’abord stratège en chef et numéro  2 du régime de l’ex-chef de l’Etat, Blaise Compaoré, pendant près de deux décennies, il y avait occupé plusieurs hautes fonctions étant plusieurs fois ministre et baron de l’ex-parti au pouvoir, le CDP. Mais en 2012, il était tombé en disgrâce avec plusieurs autres, dont l’actuel chef de l’Etat Roch Kaboré. Tous avaient été dégagés sous la poussée de François Compaoré, frère cadet de Blaise, qui avait fait main basse à la fois sur l’appareil du parti et de l’Etat, en y plaçant ses hommes en vue vraisemblablement de la succession à son aîné. Salifou Diallo, Roch Kaboré et Simon Compaoré (actuel ministre de la Sécurité) avaient alors conduit hors du CDP tous les opposants au projet  d’un troisième mandat de Blaise Compaoré et de cette succession dynastique,  et ils avaient fondé le MPP. Parti qui remportera triomphalement les premières élections démocratiques du pays (présidentielles, législatives, municipales) consécutives à l’éviction de Blaise Compaoré du pouvoir par la rue fin octobre 2015.

 Quoique Roch Kaboré soit Président de la République, Salifou Diallo était considéré par tous les connaisseurs de la vie politiques du Burkina Faso comme le détenteur des leviers du pouvoir politique voire d’Etat. Il était considéré comme l’éminence grise du régime.

 Avec le décès de Salifou Diallo, c’est une personnalité de tout premier ordre qui quitte la scène politique burkinabè.

John G. Gogouahi